Yun’s story

Je crois que je me souviendrai toujours de ma rencontre avec Yun. Elle riait, dansait et elle était si avenante. Quand on parle avec Yun, on comprend directement d’où vient la poésie de sa photographie et sa grande délicatesse.
Je l’ai récemment interviewée, pour mettre des mots sur son travail, et la laisser vous raconter son récit passé – présent et futur.

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I think I will always remember the day I met Yun. She was laughing and dancing and was so likable. When you talk to Yun, you immediately understand where the poetry and the delicacy of her work come from.

I recently interviewed her, to explain her work, and I let her tell you about her past, her present and her future.

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P A S T

 

  • Depuis quand et pourquoi pratiques-tu la photographie ?
  • Cela a commencé il y a sept ans quand j’étudiais à mon école de cinéma. Avant, je pratiquais surtout la cinématographie et la vidéo. Mais je pense que tout est lié avec la photographie générale. En plus de cela, j’avais quelques cours de photographie, également à l’université.

 

  • Since when and why have you been practicing photography?
  • It started seven years ago when I just integrated my former film school. Before I had practiced more about cinematography and video photography, but I think there’s a link with general photography. On top of that, I had some photography classes in university too.

 

 

  • Peux-tu me parler d’un shooting qui t’a particulièrement marquée ?
  • Tous mes shootings sont uniques. D’ordinaire, le shooting que j’aime doit me faire vivre des moments pleins de sens. Il n’est pas question d’aller au travail et ensuite de rentrer à la maison le soir. J’aime explorer la nature, prendre des photographies de personnes avec qui je suis, d’aller camper avec eux. Je parle tellement avec ces personnes, pour connaître leurs personnalités, pour capter leus moments les plus significatifs, les plus beaux.
    Il y a quelques semaines, je suis allée à Cahors avec des amis. Nous avons campé et exploré des falaises. J’ai appris à connaître de plus en plus les personnes présentes, et les portraits auraient été différents de bien d’autres, car ils (les modèles) me font confiance, se sentent à l’aise avec moi, me racontent quelques anecdotes, pour qu’au final, je comprenne qui ils sont. Je suis très satisfaite de mes portraits, et heureuse que nos liens d’amitiés se soient renforcés, grâce à la photographie.

 

  • Can you talk about any memorable photo shoot?
  • All the photo shoots are unique. Basically, the photo shoot I love is meant to allow me to undergo significant moments, it’s not about going to work and then go home by night. I love to explore nature, take photographs of the persons I’m being with, go camping with them. I talk so much with the persons, to get to know his or her personality, to catch the best moments of this person.
    Several weeks ago I went to Cahors with some friends. We went camping and exploring cliffs, so I knew more and more the people, and the portraits would be different from any other ones because they (the model) trusted me, felt comfortable with me, and told me some stories, so I understood them. I took so many satisficing portraits and I’m happy to have strengthened our friendship, thanks to photography.

 

 

  • Tu penses être dépendante des techniques que tu as apprises, ou tu essayes de t’en émanciper et de te focaliser sur ton propre savoir-faire ?
  • Je pense que ce qui est primordial, ce sont les bases de la technique. Aujourd’hui, tout le monde peut prendre des photographies, cependant les bonnes techniques élèvent une photographie à un autre niveau. Donc, pour moi, c’est important. Cependant, ce ne sont que les bases et que les techniques.
    Il y a beaucoup de monde qui ont une bonne technique, mais je ne retrouve pas de belle esthétique dans leurs photographies. Ils ont beaucoup de compétences, mais il y a un manque d’inspiration dans leur travail.
    J’ai appris les techniques en autodidacte, je me suis beaucoup entraînée, et j’ai beaucoup exploré le monde autour de moi. J’ai commencé avec un argentique, et c’est un très bon moyen de commencer. On n’appuie pas seulement sur un bouton, on doit beaucoup réfléchir avant. Ensuite, lorsque j’ai pris confiance en moi, j’ai commencé à travailler avec un appareil numérique et j’en suis vraiment contente car cela me permet d’avoir un nombre illimité de clichés, et d’être capable de capturer les meilleurs moments.

 

  • Do you think that you are really depending on the techniques that you have learned or do you try to cut loose from them and to focus on your own know-how?
  • I think that the basics are primarily important. For now, everyone can take pictures, yet the techniques elevate your picture to another level. So, to me this is important. However, they’re only the basics. There are a lot of people who have gotten the techniques, but there isn’t any beauty aesthetics within their pictures. They have a lot of skills, but there’s a lack of inspiration in their works.
    I’ve learned techniques by myself, I’ve practiced a lot and explored a lot. I’ve started to work with an analog camera, and that is a good technique, you’re not just “clicking” on a button, you are reflecting a lot before. Afterward, when I was more confident, I’ve started to work with a digital camera and I’m really happy with that because it allows me to have an unlimited number of snapshots, and to have the ability to capture the best moments.

 

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P R E S E N T

 

  • Qu’est-ce que tu aimes partager à travers des photographies ?
  • Je veux partager des émotions et des sensations à travers mes photographies. J’ai une histoire à raconter pour chacune de mes photos et des émotions à exprimer.

 

  • What do you want to share with people?
  • I want to share emotions and sensations within my photographs. I have a story to tell for every photograph that I’ve taken and emotions to express.

 

 

  • Qui ou qu’est-ce qui t’inspire le plus ?
  • Il y a de nombreux photographes inspirants et créatifs, mais ce qui m’inspire le plus, c’est la nature : être dans la nature, admirer la lumière de la nature, être près d’une rivière, admirer les montagnes…

 

  • Who and what inspires you the most?
  • There are a lot of creative and inspiring photographers, but what inspires me the most is nature: being in nature, admiring natural light, being near a river, facing mountains…

 

 

  • Quel est ton type d’appareil préféré? (numérique ou argentique)
  • Le boîtier que j’utilise est un sony α7rii, et il a une très bonne qualité. La qualité vidéo est géniale, surtout pour les slow motions. Comme je suis également vidéaste, c’est important pour moi d’avoir du matériel fiable avec une qualité sur le long terme.

 

  • What is your favorite camera (digital and analog)?
  • The camera that I currently use, the Sony α7rii: it provides a really good quality. The video quality is actually amazing, especially for slow motions. As I’m also a video maker, it’s important for me to work with a reliable camera with a long-term quality.

 

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F U T U R E

 

 

  • Quelle serait ta plus grande fierté ?
  • Je vais faire un road trip dans un camion, et je pense que c’est mon plus grand projet jusqu’ici. Je vais faire d’avantage de photographie de paysages, et j’aimerais rencontrer des personnes pouvant devenir mes modèles. Je ne sais pas où ce projet va me mener, mais je veux tellement le concrétiser et vivre des expériences !

 

  • What would be your proudest achievement (if any)?
  • I’m going to travel in a truck and it’s my biggest project so far. I’m going to take more landscape photographs and I also would like to meet people who I wish could be my models. I don’t know what this project is going to lead me to, but I want to experience it so much.

 

 

  • Concernant ta carrière, aimerais-tu enseigner la photographie, travailler pour une agence de presse, être un photographe pour des entreprises… ?
  • Je ne suis pas vraiment certaine, mais tout ce que je sais, c’est que je veux être photographe free lance.

 

  • Concerning your career: would you like to teach photography or working for a press agency or being a corporate photographer?
  • I’m not really sure about that, but all I know is that I really would like to be a freelancer.

 

Comme vous l’aurez compris, Yun a un fabuleux projet sur la route que vous pouvez retrouver sur les réseaux sociaux !

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As you may have understood, Yun is on the road, and you can learn more about this amazing project on the social networks!

FaceBookInstagram

‘Maman, Papa, mes photographies ont été publiées’ | Magazine culturel Slap That, édition de juillet 2018

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Sur ma bucket list pour la photographie, j’ai noté :
– Photographier des baleines à bosse. (en faisant de la plongée, pas simplement en extérieur, sinon c’est moins drôle)

–  Travailler uniquement avec un argentique pendant un an.

– Publier mes photographies dans un magazine.

Entre autres, en plus de plusieurs idées tout aussi parfaitement réalisables.
Comme (beaucoup) de bucket lists, celle-ci était en attente, car d’autres impératifs avaient pris le dessus.
Et puis un jour, il y a eu l’appel à auteurs du magazine culturel Slap That.
Comment j’ai connu ce magazine ?
J’ai découvert la patte graphique et surtout la belle ligne éditoriale de la rédaction de Slap That suite à une interview qu’ils avaient réalisée de Popnographe. J’ai beaucoup aimé leur professionnalisme et leur présentation du projet de Laurène. Il m’en fallait assez pour liker, follow etc, bref, suivre les codes 2.0 du « Je veux soutenir votre travail. » et les retrouver sur les réseaux sociaux.
J’ai été séduite par leur façon de traiter des sujets artistiques, et leur composition qui claque (mais je n’en attendais pas moins, bien-sûr) : des interviews concernant les processus créatifs d’artistes, des reportages lives, et des portraits de personnalités, donc, que l’on retrouve en images sur leur page FaceBook.
Pour cet appel à auteurs, le thème principal était « amours d’été ».
Au-delà du fait d’avoir été particulièrement inspirée, j’ai été très heureuse d’avoir pu m’exprimer sans aucune crainte, à travers des photographies (étonnant, je sais) et… des craies fondues.
Bien-sûr, l’artisanat et le végétal sont devenus mes centres de prédilection, mais j’aime aussi pouvoir travailler d’autres matières pour d’autres desseins.
Ainsi, quand j’ai reçu la réponse positive de la part de Slap That, j’étais tout simplement heureuse. J’étais heureuse d’être respectée et d’être suivie dans mes folies créatives.
Et puis, il y a eu la liste des artistes dont le travail serait présenté dans ce numéro.

On retrouve des photographies argentiques, des illustrations, des close up, et des récits sur papier glacé. J’ai eu des coups de cœur pour le travail de Claire Provost, et wtc_du_turfu et Livia Succuro. J’ai dévoré l’interview de Lorraine Sorlet et je suis allée écouter quelques albums de leur sélection. Une vraie fan. Et entre les pages, quand je vois mon travail (et la stupide faute de grammaire faite par mes soins mais qui s’en moque ?), je suis fière.

 « Maman, Papa, mes photographies ont été publiées »

 

Slap That m’a offert un cocktail de liberté et de confiance, suffisamment efficace pour me booster le moral durant un long moment.
En outre, le magazine représente 62 pages de culture visuelle (et musicale !) et permet donc, à des artistes émergents et confirmés de se manifester, partager et d’avoir un souvenir inaltérable.

Le prochain zine est déjà en préparation, avec pour thème « un autre regard » !
Comme je suis particulièrement gentille, voici un code promo de -20% à utiliser ici
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On my photography bucket list, I wrote down these ideas:

– Photograph humpback whales (while scuba diving, not as outdoor photography, otherwise it would be less funny)

– Only take photographs with an analog camera (during a year).

– Release my photographs in a magazine.

Among other things, with several ideas as perfectly feasible as those.
Like (many) bucket lists, this one was on hold because other priorities came out on top. And one day, there was the call for applications of Slap That Magazine.

How did I discover this magazine?
I discovered the graphic touch and the nice editorial policy of the Slap That editorial board after an interview that they made about Popnographe.
I really liked their professionalism and the introduction they made about Laurène’s project. It was good enough for me to find out their work of social media, and « like, like and like » which means « I want to support your work » in the 2.0 era.
I was seduced by the way they deal with artistic topics and their composition which rocks (but I wasn’t expecting less, of course). There are interviews about the creative process of artists, live reports, and so portraits of people, that are released on their FaceBook page.

For this call for application, the main theme was « summer love ». Despite the fact that I was really inspired, I was really happy to have the ability to express myself without any fear through photographs (how odd, I know) and… melted crayons.
Craft and greenery are, of course, my favorite topics in terms of subjects to be photographed, yet I also love working with other materials for other aims.
So, When I get the positive answer from Slap That, I was simply happy.
I was happy to be respected and that my creative folly had been approved.
And, there was the list of all the artists which works would be featured in this issue.

There are film photographs, illustrations, and stories told on the glazed paper. The work of Claire Provost, wtc_du_turfu, and Livia Succuro were among my favorites. I devoured the interview of Lorraine Sorlet and I had listened to some albums of their selection. A true fan. And, in between the pages, I’m proud, when I see my photographs (and the stupid French grammar mistake, but who cares?).

« Mom, Dad, my photographs have been released »

Slap That offered me a cocktail of freedom and confidence, efficient enough to boost my mood for a long time. Moreover, the 62 pages of the magazine are purely visual (and musical !) culture and allow thus, emerging or experienced artists to communicate, share their inner worlds and have an imperishable memory.

The team is currently in full swing preparing the next issue for this summer.
The main theme will be « a different vision ».
As I’m such a nice girl, here is a 20% promotional code that you can use right there.
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SUPPORT THEM

Slap That sur le webLa page FaceBook de Slap ThatL’Instagram de Slap That

FEATURED ARTISTS

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Gris / Clémence Michaux

Livia Succurro

Marine Gaborit

Lorraine Sorlet

Njeri Njuguna

Claire Prouvost

Clémence Losfeld

Thomas Charoy

wtc_du_turfu

 

Un café avec Alis Mirebeau

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J’ai rencontré Alis Mirebeau il y a quelques années, au détour d’un festival. Ce que j’apprécie chez Alis, est remarquable dans son travail : son honnêteté et sa sincérité.

Pour elle, « la photographie est avant tout évolutive. Il s’agit de traduire, à sa manière, ce que l’on voit. A l’origine, c’est une copie de notre environnement puis vient naître une réelle recherche et un travail pictural. »

  • Passé

Ancienne étudiante praticienne photographe de l’ETPA, elle reconnaît être toujours influencée par les savoirs et techniques acquis à l’école, et elle souhaiterait déconstruire, en partie, ce qu’on lui a appris.
Durant ses études secondaires, son goût pour l’Art était très prononcé. Plus le temps passait, plus la photographie devenait son médium principal. Elle a débuté avec un Canon 550D, et aujourd’hui elle utilise un Mark III qu’elle considère comme un prolongement de son bras et de son œil. En première année à l’ETPA, elle travailla d’abord ses différentes prises de vue ainsi que les fondamentaux de la technique. Pour les projets qu’elle devait défendre en fin de deuxième année, elle se concentra sur l’autoportrait et le flou. La photographie d’Alis est celle de l’intime : son thème de prédilection était alors celui de la famille. En troisième année, son travail évoluera énormément : elle préférera se concentrer sur ce qu’il se passe autour d’elle à travers des séries (on admirera d’ailleurs ses séries comme Cherry et ses portraits tels Genre Neutre) tout en continuant d’exorciser son intimité (Petites Insanités).
A l’ETPA, elle aura donc mûri, peut-être grâce à de beaux souvenirs comme ses premières Rencontres de la Photographie à Arles ou Images Singulières à Sète mais également à cause de moments douloureux et de remises en questions.

 

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extrait de la série Cherry

 

 

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extrait de la série de portraits Genre Neutre

 

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extrait de la série Petites Insanités

  • Présent

Elle a une relation instinctive avec l’appareil : elle peut ne rien prendre en photo pendant un mois, puis la semaine d’après en prendre énormément. Et, même si parfois son besoin de photographier ne s’exprime pas, cela reste toujours son prolongement. Elle tient à capter ce qu’il se passe et reste maître de son appareil.

Ses inspirations sont vastes, tout comme ses influences. Qu’il s’agisse de la lumière naturelle de Dorothée Smith, du travail d’Ulrich Lebeuf qu’elle considère comme son maître à penser, ou de la poésie de Ren Hang, Alis a ses propres sujets de prédilection et extériorise sa sensibilité grâce à la photographie.
Elle aimerait introduire un autre médium dans son travail, celui de l’écriture. Ce serait une nouvelle forme d’expression par lequel se créerait un apport de consistance à travers une série d’images d’archives.
Et en pratique ? Elle reconnaît qu’elle n’a pas de journée type. Concernant le métier de photographe, elle sait reconnaître chacune des vérités de cette profession : le statut de photographe est complexe, de par toute la charge administrative qu’il implique. Il entraîne également beaucoup de coûts, car les bons outils du photographe ne s’improvisent pas. En revanche, les avantages de ce travail compensent : de riches rencontres et des projets réalisés qui sont de réelles sources de développement et d’épanouissement, puisqu’il s’agit d’apporter avant tout sa vision à un moment donné et de laisser sa trace.
Côté technique, elle opte plus pour la couleur que le noir et blanc, alors qu’elle l’affectionne tout autant. Pour sa photo intime et plus généralement, elle se fie au 35mm. On reconnaît son style qui mêle surréalisme et second degré. Ses péchés mignons sont l’argentique et le Rolleiflex (qu’elle utilise rarement, cependant) : deux propositions bien différentes de son Mark III. Chaque appareil offre une nouvelle démonstration. Elle se sent aussi à l’aise derrière un compact et reconnaîtra finalement qu’on peut prendre une belle photo avec n’importe quel appareil.

 

  • Futur

Son projet photographique est, on peut le dire, le projet d’une vie : Elle réalise un journal intime photographique. Ses photographies provenant de ses archives seraient le fil conducteur. Elle voudrait également publier son premier livre, exposer, mais d’abord voyager : En Nouvelle-Zélande, Islande ou encore sur la côte ouest des Etats-Unis ou au Cap Vert. Ces projets sont de véritables défis, et c’est là où la photographie intervient puisque c’est un réel dépassement de soi !

Outre ce statut de photographe, elle est aussi intéressée par l’édition de livres photos et le métier de galeriste. Elle a déjà flirté avec la réalisation.

« Pourquoi se prendre au sérieux quand on peut prendre des photos ? » A ma petite devise, Alis répond qu’il faut prendre son sujet au sérieux, rester cadré et professionnel tout en ne se prenant pas au sérieux, et demeurer une personne honnête et sincère.

 

AlisMirebeau